Frédéric Mercier

Encore du paysage ! Non, toujours de la peinture, depuis 25 ans, Frédéric Mercier triture la pâte. Aurait-il encore besoin d’un prétexte pour exalter sa palette ? Le pinceau large s’aplatit en une buissonnante verdure, une plage d’ocre, un nuage de gris coloré, des éclats lumineux entachent la toile. Simple transposition de la palette de l’artiste ? Méprenez-vous… entre temps le geste est emporté dans un combat didactique presque d’une autre époque, entre la couleur et la forme, entre le romantisme et la construction classique ; quand Delacroix écrivait “ La couleur est par excellence la partie de l’art qui détient le don magique. Alors que le sujet, la forme, la ligne s’adressent d’abord à la pensée, la couleur n’a aucun sens pour l’intelligence, mais elle a tous les pouvoirs sur la sensibilité. ”
Frédéric Mercier ose bousculer cette problématique que l’on pourrait qualifier d’artisanale, quand il conçoit que la couleur n’est pas un artifice et que la peinture n’est pas le plagiat d’une réalité, mais la révélation sensible et sincère d’une mémoire. En rester là paraîtrait simpliste, en dernier lieu, il appose donc sur la toile les signes distincts figuratifs comme une victoire de l’esprit sur le corps : un pont, une figure, un poteau électrique… à la façon d’un Turner contemporain.

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