Jean Claude Luez

Comment ne pas voir le jazzman dans ces échappées, dans ces vagabondages, dans ces notes buissonnières, dans cette vivacité du trait, dans ce corps à corps d’encre creusant la matière, dans ces défis au cadre mélodique.

Comment ne pas percevoir les flammèches incendiant les bords, les coups de bec perçant la peau, fouillant la chair perdue, la pulpe d’une terre enfouie.
Comment ne pas voir dans les tiges charbonneuses, le feu, sans cesse, repris d’un souffleur de braises, d’un cracheur d’éclairs.

Chacune de ses projections élargit le cercle, tout en nous repositionnant au centre. Nous redevenons noyau, note bleue gorgée de sang de la terre.
Jean-Claude Luez, ce passe-marais met devant nos yeux ce que boit notre ombre. L’éclatante beauté des choses les plus frêles. Son encre met en fleurs la beauté cachée de la moindre gousse.

Jean-Claude Luez, ce taste-encre cingle nos nuits.

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