Jean-François BARAT

Propos et mal à propos au sujet des Bétazoudoux.

C’est un petit peuple d’affranchis obstinés, débrouillards, prêt à en découdre, au regard affûté sur le monde, une bande de défroqués hirsutes armés jusqu’aux dents ou un cortège élégant de Geishas qui glisse silencieusement dans la nuit blafarde, des couples infernaux qui valsent joyeusement au vent mauvais ou une procession de saints aussi béatifiants que lénifiants, cependant ils ne se défilent pas, ne se dérobent pas, n’esquivent pas, quelquefois ils aiment accomplir un geste fort, s’extirper du temps avec panache, tancer vertement l’innocent aux idées pleines, mais ils peuvent sembler aussi dépenaillés, voire abattus, démunis face au vide d’une existence à meubler, ils peuvent raser les murs gratis, tenir le haut du pavé et le bas, exulter, vitupérer, pétiller, titiller, s’immiscer dans tout à chacun et creuser ainsi la tombe des illusions perdues et des vertes années, tour à tour impétueux ou débonnaires, lassé ou lascifs, excédés ou timorés, ils sont follement, furieusement, fatalement humains !

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