Pierre Samanos

Parler de sa peinture, lorsque l’on a comme conception que le mot ne couvre pas cette réalité, c’est déjà la trahir et se trahir. Des mots sont disponibles :

métier, vie, amour, volonté, hasard, rencontre, choix,… et puis ?… “ J’en mets et j’en retire jusqu’à ce que ça fasse bien ” disait Bonnard et Braque “ l’Harmonie pour moi, c’est rejoindre un certain néant intellectuel ” et puis ?… Comment je fais ma peinture n’intéresse que moi. Pourquoi je fais ma peinture ? A chacun sa réponse, la mienne n’est pas plus valable… et puis ?…

Il se trouve que “ l’outil-atelier peinture ” a ses exigences, mais que personne n’est obligé d’y pénétrer, d’y travailler… et puis ?…
Lorsque j’y pénètre, que se passe-t-il ? D’abord l’angoisse qui me commande de ressortir. Quand je ne ressors pas, la question est : où en étais-je hier ? Et ces toiles en cours, qui attendent une solution, et moi aussi. Elle est loin la sérénité. Et on en revient aux mots du début, on peut y ajouter : pinceaux, peinture, papiers, toiles, châssis,… plus une infinité de combinaisons qui siègent sur cette surface plane depuis des siècles. Voilà mon métier qui invite celui qui regarde à son propre voyage. A lui de juger ce qui est utile, ici-bas, ou non.

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