Edition : 2009

Patrick Sanitas

Dans la peinture de Patrick Sanitas, l’Italie, les paysages du Sud ne relèvent que d’une seule géographie : celles des émotions comme une carte du Tendre qu’il explore au gré de ses goûts et de ses passions enfouies. Entre peinture et paysage se noue une relation intime où le peintre est à la fois habitant et habité, mais en même temps libre. Libre de ne pas représenter la nature mais d’en recomposer l’harmonie, la cohérence. L’espace pictural n’emprisonne pas le souvenir dans une représentation figurative qui fige ; la peinture est mobile jusqu’au vertige, chaque chose métamorphosée par les effets de couleurs et de matières incite volontairement à une logique égarée. Tout le relief de ces carnets de voyage est donné par les superpositions, les juxtapositions de papiers dont le peintre a fait le substrat de sa toile. Les replis ainsi créés captent la couleur et la lumière donnant volume et profondeur à la composition. Patrick Sanitas apporte à cela quelques balayures de sable, un peu de poudre d’or et beaucoup de rêve.

Patrick-Sanitas

Myriam Roux

La vannerie,
Source d’expression contemporaine.
Avant même que l’homme n’apparaisse, des animaux tressaient, tissaient déjà des végétaux. Très tôt dans l’histoire des technologies, les plantes tressées ont joué un rôle important, voire vital : se protéger, se vêtir, récolter, transporter, conserver…
Les savoirs relatifs à la collecte, au stockage des plantes utilisées, les acquis des différentes techniques de tressage, les fonctions des objets ont traversé le temps et nous sont parvenus quasi intacts.
L’art pariétal fleurit dès le paléolithique. Depuis des milliers d’années, on sculpte la terre, on taille la pierre… Curieusement, la vannerie a conservé une fonction quasi exclusivement utilitaire.
Myriam Roux a donc commencé par faire un inventaire de ces savoirs et techniques qu’elle pratique et enseigne. Parallèlement, elle transgresse désormais quelque peu cet ancrage utilitariste et se propose d’explorer une nouvelle voie : mêler savoir et imaginaire, tradition et création, techniques ancestrales et art contemporain.

Myriam RouxMyriam Roux

 

Serge Prieto

Avec Serge Priéto, on ne sait si c’est le papier qui pétrifie ou la pierre qui feuillette.
Les poteries surgissent des murs avec obstination. Les livres fossilisent dans les marbres.

Les fruits mûrissent depuis l’empire Romain.
Serge Priéto semble inverser secrètement la matière (l’âme, dit Aristote, ne pense jamais sans image).
Tout ici espère d’une pérennité vivante.
Il nous appartient de réconcilier la surface et l’abîme, la transparence et l’impénétrable.

Frédéric Mercier

Encore du paysage ! Non, toujours de la peinture, depuis 25 ans, Frédéric Mercier triture la pâte. Aurait-il encore besoin d’un prétexte pour exalter sa palette ? Le pinceau large s’aplatit en une buissonnante verdure, une plage d’ocre, un nuage de gris coloré, des éclats lumineux entachent la toile. Simple transposition de la palette de l’artiste ? Méprenez-vous… entre temps le geste est emporté dans un combat didactique presque d’une autre époque, entre la couleur et la forme, entre le romantisme et la construction classique ; quand Delacroix écrivait “ La couleur est par excellence la partie de l’art qui détient le don magique. Alors que le sujet, la forme, la ligne s’adressent d’abord à la pensée, la couleur n’a aucun sens pour l’intelligence, mais elle a tous les pouvoirs sur la sensibilité. ”
Frédéric Mercier ose bousculer cette problématique que l’on pourrait qualifier d’artisanale, quand il conçoit que la couleur n’est pas un artifice et que la peinture n’est pas le plagiat d’une réalité, mais la révélation sensible et sincère d’une mémoire. En rester là paraîtrait simpliste, en dernier lieu, il appose donc sur la toile les signes distincts figuratifs comme une victoire de l’esprit sur le corps : un pont, une figure, un poteau électrique… à la façon d’un Turner contemporain.

Bernard Maignan

« Une toile n’est pas un simple espace vierge, elle est porteuse de sens. Je ne sais pas peindre au kilomètre, ni d’ailleurs me copier moi-même, à chaque fois, c’est une nouvelle aventure faite de doute, de peurs et d’espoirs”. Il ne s’agit pas de peindre pour peindre, mais de donner vie, comme un accouchement et cela ne se passe pas toujours dans la joie, les doutes font partie du processus, il faut l’accepter.

L’artiste est un médiateur entre le réel et l’illusion.
Vous avez dit “ABSTRAIT” où est l’abstraction ? où est la création ? Penchez-vous un peu, un autre monde se trouve là, dessous à nos pieds et au-dessus de nos têtes, un autre monde nous observe…
Chaque élément de la nature est un sujet d’intérêt, d’émotion et d’inspiration. Minéral, végétal, liquide ou solide, givre ou feu, la rouille sur le métal, les dessins d’une pierre, les mouvements torturés des écorces d’arbres, dans l’infiniment grand comme l’infiniment petit, la nature nous offre des sujets d’observations.
Nous ne voyons les choses que très superficiellement.

Alexandre Lamotte

Passionné par le fantastique, qu’il se manifeste sous sa forme littéraire, picturale ou cinématographique, je puise mon inspiration dans une partie de cet univers. Je recherche une forme d’évasion à travers l’onirisme et la féerie, où différentes réalités se croisent et s’enrichissent. Le rêve commence dès que l’esprit s’échappe, tout devient possible.

La peinture réalisée en noir et blanc nous emmène à l’essentiel : un jeu d’ombre et de lumière poétique et gothique.

Rosebud

Rosebud

Pierre Joubert

Peintre figuratif contemporain, son œuvre se lit comme le récit d’une vie passée à explorer inlassablement ces côtes maritimes généreusement nourries d’eau et de lumière qu’il affectionne tant. Mais sa quête picturale ne s’arrête pas là, reconstitués de mémoire d’abord sur des croquis, ces paysages prennent les chemins calcaires d’un sud imaginé.

Inspiré par la lumière des lieux qu’il aime arpenter et un appétit de peintre intact, Pierre Joubert peint tel qu’il est, vif et précis, serein et rigoureux dans ses choix de composition. De manière instinctive, le dessin laisse place à la peinture tout en laissant apparaître quelques lignes originelles verticales ou fuyantes, une véritable image de marque. Doté d’une large palette de couleurs allant du rouge solaire aux teintes les plus douces, il apporte à ses toiles, paysages, marines et compositions florales une indéniable poésie picturale.

Ryuchi

Ryuchi

Jean Godin

Jean Godin construit une œuvre très particulière qui dépasse la vision, qui va chercher la douceur et l’étrangeté d’une atmosphère qui est plus proche d’une poésie que peut dégager un lieu, et qui reste une fenêtre ouverte sur le monde merveilleux des contes et des fées. Les peintures de Jean Godin sortent de leur origine pour prendre leur particularité qui est celle où l’on s’attend à entendre déclamer un poème de Verlaine ou de Baudelaire. Mieux encore, si les vers qui existent ne s’y prêtent pas, leur création est contenue dans la toile. Pour cela, Jean Godin ouvre son premier plan comme une invite à venir parcourir son paysage. Les villages sont en harmonie avec la nature. Les maisons y ont poussé librement, en dehors de toutes contraintes, là où l’envie des habitants les a voulues. Ailleurs un étang aux rives indomptées se prélasse paresseusement parmi les prairies et les vergers. Loin, très loin de la stricte géométrie des cubistes, et bien au contraire de ceux-ci, Jean Godin a rendu toute sa fantaisie à la nature. Gustave Malher a écrit le poème de la terre, Jean Godin l’a peint.

Jean-Godin

Thierry Baudry

Quand cette histoire commença-t-elle ?
Nul ne pourrait sans doute le dire, pas même lui. Il n’y a pas de début, il n’y aura pas de fin, mais plutôt de la faim. Une faim de couleurs et de formes, de matières et de traits.
Le petit Poucet laisse ses cailloux pour retrouver son chemin et comme lui l’homme balise son parcours d’émotions et de joies.
Parfois les allées sont larges et avenantes et parfois le sen- tier est embroussaillé, il faut chercher, se tromper, revenir sur ses pas… Parfois le pas est assuré et parfois le pied hésite, s’accroche.
La métaphore est partout, elle vous guette derrière un poisson rigolard ou au détour d’un hibou pudibond.
Il y aurait tant à dire ou à taire, car l’homme s’effrayera de trop parler de ce qui est à voir et lui sait qu’il y aura encore tant de jours, tant de nuits…

Jean-Pierre Audiger

Autodidacte, jazzman, peintre, plasticien, passionné par le piano et les matériaux nobles qui le constituent, l’ivoire, l’ébène, et différentes essences telles les palissandres, noyers, érables, loupes diverses, que l’artiste assemble en “Noyures”, montages géométriques, incluant tantôt des bribes de partitions de standards de jazz, ou des fragments de photos de ses pianistes préférés, le tout suspendu dans un cadre laissant le soin à la lumière de diffuser les ombres au gré des angles et des fonds.

L’origine des matériaux du clavier naturellement évidente, à la fois animale et végétale par l’ivoire et l’ébène, nous rappelle à l’Afrique, berceau de la naissance du jazz, une musique multicolore, libre à l’éternité.

Cette nouvelle série de “ Noyures ” laisse apparaître une nouvelle vision de mise en majesté de ces touches de piano, utilisant des surfaces de différentes textures en superpositions décalées où des couleurs interviennent autorisant une plus grande liberté à la déclinaison des ces assemblages.