Edition : 2018

Amélie Vogel

Jeune musicologue, spécialiste du jazz contemporain, Amélie Vogel a dû réorienter son activité créatrice vers la peinture, sa deuxième passion. Son art-action s’inscrit dans les difficultés que les hommes entretiennent avec leur environnement. Sa série Míxities dénonce l’urbanisation anarchique du territoire où l’on entasse en masse les nouveaux parias. Dans une vision futuriste elle imagine l’exportation extraterrestre des favelas et townships et leur errance dans l’espace. Cependant couleurs riches et lignes harmonieuses sont comme un contrepoint heureux et salutaire à ce constat désespéré. L’art est réponse salvatrice.

Roman Proniaev

Roman Pronaiev, aujourd’hui Orvaltais, a reçu les enseignements académiques des écoles d’art de sa Russie natale. Ce long, complexe et complet apprentissage lui confère une technique picturale exceptionnelle. L’art de Roman est un art formel. Nulle référence immédiate au réel mais une harmonie minutieuse de surfaces et de volumes, des dégradés lisses d’une précision stupéfiante et, si I’on cherche bien, surgissent des formes dadaïstes comme celles nées des recherches de Jean Arp. Avec ses séries, Roman entreprend de peindre la durée, une durée onirique, celle du temps universel.

Corinne Pleindoux

Amour et humour telles sont les deux composantes majeures de l’œuvre de Corinne Pleindoux. Peindre, pour Corinne, c’est transmettre de l’amour à ceux qui sont aptes à le recevoir. Ses femmes fines et légères aux couleurs douces, aux tons pastel, dans des postures et cadres familiers nous offrent une vision apaisée des rapports humains. Ses terres cuites renforcent d’un trait d’humour le chant d’amour qui émane des acryliques et confèrent à l’ensemble de l’œuvre un infini sentiment de liberté heureuse.

Bernard Nicolas

L’ambition de Bernard Nicolas est de construire une œuvre accessible à tous, un art démocratique qui ne réserve pas ses concepts à une minorité élue. Nulle démagogie dans cette démarche car les œuvres de Bernard sont complexes dans l’association des matières, métal écrasé, reformé et peint, terre cuite et raku, association de toile encadrée, effet de bric à brac porteur de sens souligné par des références explicites aux grandes œuvres qui balisent l’histoire de l’art. Le tout forme une œuvre puissante, expressionniste, forte comme le fut, il y a plus de quatre siècles, celle du Caravage.

Stéphane Neuville

Une passion unique, douce et dévorante à la fois, et qu’elle exprime sur tous les supports; l’univers de Stéphane Neuville est peuplé de tout le monde animal qui l’a éveillée enfant à la vie unanime. Si les chevaux dominent son bestiaire c’est surtout parce qu’ils imposent la complexité de leurs lignes. Les œuvres de Stéphane affirment le primat du dessin mais sans rien négliger de la couleur. Dans l’ensemble retenu, le pastel brut donne une touche quasi expressionniste et nouvelle à ces images familières.

Nicole Morin

«Je ne veux pas que ma maison soit murée de toutes parts, ni mes fenêtres bouchées, mais qu’y circule librement la brise que m’apportent les cultures du monde. ››. Nicole Morin a fait sienne cette volonté universaliste du Mahatma Gandhi. Avec ses Métissages d’ici ou d’aiIIeurs, Nicole poursuit cette quête essentielle de ce qui unit les civilisations dans leur conception de l’utile et du beau. L’art textile qu’elle sublime dans ses œuvres est un chant du monde, un chant d’ici et d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’hui.

Daniel Le Saux

Une boite. Qu’y a-t-il à l’intérieur d’une boite quand elle est scellée par Daniel Le Saux ? On y voit le théâtre de la mer ou des poissons-oiseaux font la nique à des matelots éberlués. On y voit les maisons des pêcheurs envahis par leurs proies triomphantes. On y voit tout un univers poétique sublimé par les écailles colorées détachées des coquilles de noix qui triomphent dans les rêves des holocaustes océaniques.

Martine Le Bidan

Si de nombreux prix sont venus récompenser les œuvres abstraites de Martine Le Bidan, elle n’en cultive pas moins le jardin secret de ses Têtes à Toto déjantées. Expressives, tour à tour douces ou inquiétantes, ces figures, toutes nées de son regard d’enfant, nous entraînent dans un monde peuplé des formes énigmatiques de Miro, des tags de Basquiat et des savantes déstructurations de Picasso, le tout dans un éblouissement de couleur qui rattache ces Têtes à l’importante production non figurative de Martine.

Jean-Charles Ferrand

« Habiter au sein du bois, se lover entre ses fibres, polir son grain, aviver ses tensions, explorer ses arcanes, parer ses lisières, offrir son émotion ››. Jean Charles Ferrand exprime ainsi la passion qui l’unit au support de ses œuvres. Et dans la matière aimée il peut sublimer ses désirs, ses phantasmes. Formes abstraites utérines ou phalliques, corps d’homme suggérant la puissance, corps du désir, femmes resplendissantes, sous la main de Jean-Charles, sous ses outils, la transmutation s’opère et la matière abattue enfin sculptée redevient vie pour des siècles et des siècles.

 

Michel Bona

D’origine italienne, Michel Bona emprunte aux artistes du quattrocento la maîtrise du dessin, l’importance de la ligne et la sujétion harmonieuse des élans colorés. Riche des enseignements de Vinci, il traduit dans ses œuvres la double nature physique et métaphysique de ses modèles. Mais qu’il en fasse des démons ou des anges, c’est avec ses femmes que Michel Bona atteint l’excellence, leur beauté est envoûtante comme le désir à assouvir ou la prière à psalmodier.